La commune de Labastide-Rouairoux occupe une position géographique tout à fait particulière au sud du Massif Central. Elle est située au pied de la Montagne Noire, dans l’isthme étroit qui sépare les plaines du Castrais et du Toulousain des plaines du Biterrois où le passage se fait au col de la Fenille (460 m). C’est aussi la ligne de partage des eaux entre bassin océanique et bassin méditerranéen. Le village s’étire tout en longueur dans le sillon du Thoré (52 km de cours ) qui coule d’est en ouest vers l’Agout, puis le Tarn et la Garonne. Le Thoré présente lui aussi une originalité : il prend sa source dans l’Hérault, à 810 mètres d’altitude, près du col de Balagou (origine: val+gota, vallon et source). Il s’écoule vers l’ouest, mais une partie de ses eaux prennent un cours souterrain, repassent sous la ligne de partage des eaux et réapparaissent à Saint Pons pour alimenter la source du Jaur. Ce phénomène a été mis en évidence en 1965, par coloration, et a permis de découvrir que les eaux mettent 54 jours pour faire 10 kilomètres !
La commune est adossée au nord au piémont du plateau d’Anglès qui se prolonge par les Monts de Lacaune (1267 m au roc du Montalet ). Au sud, elle s’étend sur les contreforts nord de la Montagne noire (culmen : 1211m au Pic de Nore). La Montagne Noire constitue le dernier chainon, le plus méridional du Massif central …qui est aussi le premier que l’on aperçoit en venant de la mer. Cette position singulière en fait un lieu d’affrontements climatiques: venant de l’ouest, le climat océanique avec ses flux d’ouest, son amplitude thermique peu marquée, ses pluies régulières, (remarquez les nombreux pignons orientés à l’ouest bardés de lauzes pour se protéger de la pluie ); à l’est, le climat méditerranéen avec ses « entrées maritimes », le vent « marin »qui devient plus à l’ouest le vent d’autan. Au nord, le climat semi-montagnard du Massif Central avec ses hivers rudes, le vent du nord, la nébulosité marquée. Ces influences diverses, associées au microclimat des lacs au nord (Raviège, Saints Peyres, Laouzas…) ont valu naguère à Labastide-Rouairoux le sobriquet peu enviable de « pissadou de Noste Senher « , le « pot de chambre de Notre Seigneur ». De fait la moyenne des précipitations annuelles se maintient entre 1100mm et 1400mm (1251 mm en 2008) , ce qui marque une pluviométrie abondante, même pour un secteur de moyenne montagne (altitude moyenne de la commune :420 m ) avec parfois des épisodes de pluies de type « cévenol » qui emportent tout sur leur passage et marquent durablement le paysage.

Invitation à la balade...
Il semble que le maximum des pluies depuis quelques années se déplace vers l’ouest. Cette pluviométrie généreuse se retrouve dans la végétation. On constate une différence marquée entre l’ubac, le versant nord de la Montagne Noire (partie sud de la commune ) couvert de forêts profondes, froides, avec la hêtraie qui commence dès 600m, peu propice aux cultures et l’adret, le versant sud du plateau d’Anglès, plus ensoleillé, avec quelques prairies quand la pente le permet et les chataigneraies d’autrefois( broutades, chataignes, bois de chauffe, tuteurs pour la vigne ). Celles-ci sont victimes de maladies cryptogamiques et dépérissent peu à peu. Après la deuxième guerre mondiale, d’immenses plantations de reboisement ont été effectuées avec des essences d’importation ( sapins, douglas) à croissance rapide.
Gérées souvent en coupe rase, elles fournissent un bois à croissance rapide et facile à exploiter. Mais elles n’en constituent pas moins une acidification des sols, un appauvrissement de la biodiversité et s’avèrent vulnérables aux tempêtes de ces dernières années. L’ONF ou les groupements forestiers prennent en compte ces éléments pour la gestion de la forêt à venir. Enfin, sur le plateau, il reste, reliques des dernières glaciations, quelques tourbières qui constituent un précieux réservoir d’eau pour les sources.




